Ville & Numérique (2015)


Réalisée par la Chaire Immobilier et Développement Durable de l’ESSEC, sous la direction du Professeur NAPPI-CHOULET, cette nouvelle enquête révèle la manière dont 1000 étudiants français imaginent la place du numérique dans leur vie et dans leur ville. L’enquête a été menée en ligne par Harris Interactive du 9 au 22 juillet 2015, auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatif des étudiants post-bac en France. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, type de formation et région d’études de l’interviewé(e). La moyenne d’âge de l’échantillon est de 21 ans et 54 % sont des femmes.
Trois enseignements majeurs ressortent de cette enquête :

1/ Une réserve surprenante à l’égard du numérique

Cette réserve à l’égard du numérique, inattendue de la part d’une génération Y volontiers décrite comme hyperconnectée, est à même d’interpeler aussi bien les grands opérateurs de télécommunication que les adeptes de la smart city, pour lesquels la ville de demain ne saurait être que celle du quotidien à distance et de la fameuse big data.

Si les étudiants sont lucides sur le fait que le numérique occupe une place essentielle dans leur vie et dans leur ville (Ils sont en effet 61 % à penser que, demain, le numérique impactera fortement le travail, 50 % les façons de se déplacer et 48 % les modes de consommation), nombre de leurs réponses révèlent une certaine prise de recul par rapport à l’invasion numérique.

- 58 % sont réticents à l’usage de la géolocalisation pour se voir proposer des offres commerciales. Ce chiffre grimpe à 78 % s’agissant d’utiliser le contenu des conversations mails pour se voir proposer des offres en rapport avec leurs centres d’intérêts.

- ni le télétravail ni l’e-consommation ne remportent les suffrages de la génération Y : seuls 11 % estiment qu’ils travailleront principalement à distance, et 22 % souhaitent faire leurs achats par Internet dans un avenir proche.

- une écrasante majorité (77 %) d’entre eux considère que le numérique est trop présent dans le quotidien des personnes de leur génération.

2/ L’attractivité des villes moyennes et des centres-villes

Deuxième enseignement majeur de l’enquête : la grande ville est loin de remporter tous les suffrages. Elle a certes la préférence de 39 % des étudiants comme lieu de vie futur, mais elle est talonnée par les villes moyennes et petites qui sont privilégiées par 36 % d’entre eux. Un paradoxe notable, quand on sait que la jeune génération a plutôt la réputation d’être addict aux grandes métropoles, du fait de leur dynamisme, de la diversité de leurs aménités et de l’étendue de leurs marchés de l’emploi !

Cette attractivité des villes de taille moyenne va de pair avec un attrait massif pour les centres-villes, que ce soit comme lieu de travail (47 % souhaitent y travailler) ou comme lieu de consommation (53 % souhaitent y faire leurs achats).

Enfin, et en dépit de leur attrait limité pour la consommation par Internet, le nombre et la variété des commerces disponibles à proximité est essentielle pour eux. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils attendent avant tout de leur ville, 50 % d’entre eux mentionnent les commerces. Des commerces bien réels puisque, rappelons-le, seuls 22 % estiment qu’ils recourront de manière importante à l’e-commerce.

Cités par 27 % d’entre eux, les espaces verts arrivent en deuxième position – un résultat à corréler à ceux de notre enquête 2014, sur la ville intelligente, selon laquelle 42 % des étudiants pourraient refuser un emploi dans une ville où la nature n’est pas assez présente. 26 % citent les transports, 11 % la culture et seulement 10 % le travail.

3/ A l’heure des études et du travail nomades, la France reste attractive

Alors que le débat public fait régulièrement état d’une « fuite des cerveaux », c’est-à-dire d’un phénomène de départ des jeunes diplômés à l’étranger, près de sept étudiants sur dix (69 %) affirment qu’ils préfèreraient vivre en France qu’à l’étranger.Parmi les 31 % d’étudiants privilégiant de vivre à l’étranger, une nette majorité se tournerait soit vers un autre pays d’Europe (12 %), soit vers l’Amérique du Nord (11 %). Les autres continents ne sont que peu cités : 4 % en Asie, 2 % en Amérique latine, 1 % en Afrique et 1 % en Océanie. De façon transversale, notons que les profils étudiants en école de commerce (50 %), issus de catégories aisées (42 %) ou ayant déjà vécu à l’étranger (44 %) sont plus enclins que la moyenne à préférer un autre pays que la France.